{"id":734,"date":"2024-04-15T15:47:04","date_gmt":"2024-04-15T13:47:04","guid":{"rendered":"https:\/\/csp5.fr\/?p=734"},"modified":"2024-04-15T15:48:12","modified_gmt":"2024-04-15T13:48:12","slug":"dimanche-de-la-passion-2024","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/csp5.fr\/index.php\/2024\/04\/15\/dimanche-de-la-passion-2024\/","title":{"rendered":"Dimanche de la Passion 2024"},"content":{"rendered":"\n<p>&nbsp; &nbsp;Aujourd\u2019hui, nous entrons dans le temps de la Passion, nous penserons davantage aux souffrances du Christ. C\u2019est le temps dont J\u00e9sus a dit : \u00ab Quand l\u2019\u00c9poux leur sera enlev\u00e9, alors ils je\u00fbneront \u00bb. Que doit donc \u00eatre ce souvenir de la Passion ?<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; Il importe de nous rappeler la profonde diff\u00e9rence entre les sentiments des anciens chr\u00e9tiens et ceux des chr\u00e9tiens d\u2019aujourd\u2019hui. Comment la pi\u00e9t\u00e9 populaire pense-t-elle \u00e0 la Passion du Christ ? Elle s\u2019en tient aux souffrances historiques du Seigneur, elle essaie de se repr\u00e9senter d\u2019une mani\u00e8re imag\u00e9e les sc\u00e8nes particuli\u00e8res des \u00ab am\u00e8res souffrances \u00bb, elle analyse les sentiments et les pens\u00e9es du Sauveur souffrant, elle a compassion et elle pleure. Elle se demande quelles vertus le Seigneur a exerc\u00e9es \u00e0 chaque phase de sa Passion. Comment l\u2019imiter ? Que devons-nous apprendre de lui ? C\u2019est pour elle la question la plus importante. Elle fait enfin de la Passion le principal motif du changement de vie : \u00ab Il est mort pour moi sur la Croix et moi, je l\u2019ai si gravement offens\u00e9 ! \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; Telles sont les pens\u00e9es de la pi\u00e9t\u00e9 populaire au sujet du Seigneur souffrant. Quelles \u00e9taient les pens\u00e9es de l\u2019antique pi\u00e9t\u00e9 chr\u00e9tienne que la liturgie nous a conserv\u00e9e ? Elle prenait de tout autres chemins. Sans doute, elle place, au centre, la Passion historique du Christ, mais elle ne s\u2019y arr\u00eate pas ; elle s\u2019attache davantage \u00e0 l\u2019id\u00e9e et au but de la Passion et ne place le rev\u00eatement historique qu\u2019au second plan. Le Christ nous a rachet\u00e9s par ses souffrances, il a fait de nous des enfants de Dieu. C\u2019est l\u00e0 le fait le plus heureux du christianisme. C\u2019est pourquoi la pi\u00e9t\u00e9 liturgique verse moins de larmes am\u00e8res ; elle peut m\u00eame se r\u00e9jouir. Au moment qui est apparemment le plus triste de l\u2019ann\u00e9e, le Vendredi-Saint, quand on adore la Croix, elle va jusqu\u2019\u00e0 chanter une hymne de jubilation : \u00ab Voici que par le bois est venue la joie dans le monde entier. \u00bb C\u2019est pourquoi la liturgie ne parle pas volontiers des souffrances am\u00e8res, mais de la beata Passio, de la Passion heureuse ou qui rend heureux&#8230; Elle voit moins le c\u00f4t\u00e9 humain que le but de la Passion, notre salut. C\u2019est pourquoi l\u2019art chr\u00e9tien antique ne s\u2019est gu\u00e8re occup\u00e9 de l\u2019aspect douloureux, mais a exprim\u00e9 surtout les pens\u00e9es de la R\u00e9demption. Depuis le Moyen-\u00c2ge, on repr\u00e9sente de pr\u00e9f\u00e9rence J\u00e9sus attach\u00e9 \u00e0 la colonne de la flagellation ou bien clou\u00e9 sur la Croix, le corps tordu par les angoisses de la mort. Il n\u2019en \u00e9tait pas de m\u00eame dans l\u2019\u00c9glise ancienne : on \u00e9levait la Croix comme un signe de victoire et de R\u00e9demption. C\u2019\u00e9tait la crux gemmata, la croix de m\u00e9tal pr\u00e9cieux, orn\u00e9e de pierreries. Cette Croix ne portait pas de crucifix. Ces deux croix sont justement devenues les symboles des deux conceptions de la Passion et des deux types de pi\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; Quand nous entrons aujourd\u2019hui dans l\u2019\u00c9glise, nous voyons la Croix voil\u00e9e. Nous cherchons en vain quel peut \u00eatre le motif de cette mani\u00e8re de faire. Pourquoi, au moment m\u00eame o\u00f9 l\u2019on pense davantage \u00e0 la mort du Christ, doit-on voiler l\u2019image de la Croix ? On comprendrait mieux le proc\u00e9d\u00e9 contraire : la Croix voil\u00e9e pendant le reste de l\u2019ann\u00e9e et d\u00e9couverte au temps de la Passion. Or ce que nous faisons maintenant sans le comprendre est un \u00e9cho de l\u2019antique pi\u00e9t\u00e9. Quand la Croix \u00e9tait encore sans crucifix et brillait d\u2019or et de pierres pr\u00e9cieuses, il convenait d\u2019en voiler l\u2019\u00e9clat \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 l\u2019\u00c9poux est enlev\u00e9 : l\u2019\u00c9glise rev\u00eat ses voiles de veuve. Et c\u2019est l\u00e0 un souvenir plus d\u00e9licat de la Passion que l\u2019image d\u2019un corps tortur\u00e9 et suspendu \u00e0 la Croix. En tout cas, la premi\u00e8re conception correspond mieux \u00e0 la noble attitude des anciens.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; On le voit donc, la pi\u00e9t\u00e9 objective porte, elle aussi, le deuil de la Passion, mais d\u2019une autre mani\u00e8re. Creusons encore la diff\u00e9rence entre la pi\u00e9t\u00e9 populaire et la pi\u00e9t\u00e9 liturgique. La premi\u00e8re est doctrinale et sentimentale ; la seconde vise \u00e0 l\u2019action. Elle se demande moins quelles vertus et quelles doctrines doit nous enseigner la m\u00e9ditation de la flagellation, mais elle nous fait sentir que nous sommes les membres du corps du Christ et, dans nos \u00e9preuves terrestres, nous fait voir une participation \u00e0 sa Passion. Que dit saint Paul, le docteur de la pi\u00e9t\u00e9 objective ? \u00ab De m\u00eame que les souffrances du Christ abondent en nous, de m\u00eame aussi, par le Christ, abonde notre consolation \u00bb. Il va m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 voir dans ses propres souffrances un compl\u00e9ment de la Passion du Christ. C\u2019est l\u00e0 une magnifique conception de la Passion. Toute la vie des chr\u00e9tiens est unie au Christ ; nos souffrances et nos joies sont les souffrances et les joies du Christ.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; Saint Paul pousse ce cri de joie : \u00ab Avec le Christ je suis attach\u00e9 \u00e0 la Croix : aussi ce n\u2019est plus moi qui vis, mais c\u2019est le Christ qui vit en moi. Tant que je vis encore dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu qui m\u2019a aim\u00e9 et s\u2019est livr\u00e9 pour moi. \u00bb La pi\u00e9t\u00e9 objective n\u2019est donc pas d\u00e9pourvue de sentiments, elle conna\u00eet m\u00eame une puissante mystique de la Passion, parce qu\u2019elle se sait en union avec le Christ.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; Faut-il abandonner nos m\u00e9ditations sur la Passion auxquelles nous sommes habitu\u00e9s depuis notre jeunesse, pour nous tourner vers la pi\u00e9t\u00e9 objective ? Cela n\u2019est pas n\u00e9cessaire. Approfondissons plut\u00f4t nos exercices pr\u00e9c\u00e9dents, en nous inspirant des conceptions de la Passion qu\u2019avait la primitive \u00c9glise. \u00ab \u00c9prouvez tout et gardez ce qui est bon \u00bb, dit l\u2019Ap\u00f4tre. Dans l\u2019\u00c9glise, les deux conceptions sont en usage et, par cons\u00e9quent, recommandables. Mon intention \u00e9tait de marquer les diff\u00e9rences, non pas pour critiquer une conception, mais pour mieux faire comprendre le point de vue liturgique.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; L\u2019\u00c9glise est semblable au p\u00e8re de famille de l\u2019\u00c9vangile qui tire de son tr\u00e9sor \u00ab de l\u2019ancien et du nouveau \u00bb. Encore une fois, \u00ab examinez tout et gardez le bon. \u00bb Amen<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; &nbsp;Aujourd\u2019hui, nous entrons dans le temps de la Passion, nous penserons davantage aux souffrances du Christ. 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